suicide reconnu maladie professionnelle

En octobre 2006, un ingénieur en informatique de 39 ans, et père d'un garçon de 11 ans, s'était jeté du 5e étage du bâtiment principal du Technocentre. «Depuis la rentrée il avait atteint un seuil critique : il s'inquiétait pour son avenir, pour ses missions, était surmené et mis en cause régulièrement par un membre de sa hiérarchie».

le logo de la CPAM

Un suicide chez Renault reconnu comme accident du travail

La Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) des Hauts-de-Seine a reconnu, jeudi 3 mai 2008, comme un accident du travail le premier de la série des trois suicides de salariés du Technocentre de Renault, à Guyancourt dans les Yvelines.

« C'est une étape symbolique importante, sans compter les indemnisations auxquelles cela donne droit, a déclaré Me Rachel Saada, avocate de la veuve du salarié. Nous allons maintenant tenter de faire reconnaître la faute inexcusable de Renault, qui avait une obligation d'assurer la sécurité et de protéger la santé physique et mentale de son salarié. »

Face aux suicides, Renault amorce une autocritique

La direction de Renault découvre que l'hyper-rationalisation a des ratés. Que les ratios et les objectifs ne suffisent pas à mener les hommes. «Nous nous interrogeons sur ce qui dans notre fonctionnement a pu interférer avec la vie de ces personnes et les amener à ce geste», reconnaît Gérard Leclerq, le tout nouveau DRH du groupe Renault.

Des «actions concrètes» : Renault s'engage à embaucher salariés et intérimaires supplémentaires. Et propose, pour mettre de la convivialité dans son lieu de travail gigantesque, où cohabitent 12 000 personnes, de créer une Journée de l'équipe, chaque année, et des réunions d'équipe d’une demi-journée, chaque semaine. Un directeur d'établissement chargé des conditions de travail sera également nommé au Technocentre.

Frustrations

«Le management est une faiblesse ici, reconnaît Marcel Sarpaux, secrétaire du comité d'entreprise pour la CFE-CGC, premier syndicat du Technocentre. La culture technique, c'est quelque chose de très fort. A l'usine, si vous ne vous occupez pas du personnel, ça va très vite : vous avez une grève, la chaîne s'arrête. Vous êtes obligé de réfléchir. Ici, tout le monde fait de la technique, on oublie un peu l'humain. Il n'y a pas de signal, mais il y a des frustrations. Il y a beaucoup de procédures d'organisation, mais peu de relationnel entre les salariés.»