Lois et parentés

Notre temps se dit en grand changement ; nous nous centrons plus sur une société de l’image et de l’instant que sur une société de groupe avec ses institutions d’ensemble.

un enfant tenant la main de sa maman

LOIS ET PARENTES

La sur-valorisation de l’individu dans sa relation à l’autre néglige les aspects de réglementation collective.
Cette déshumanisation de groupe basé sur le déni des traditions séculaires nous projète dans un univers vide comme dépourvu de repère. Par exemple, dans la famille, la parenté est la gardienne de l’assignation des places : il faut un jour cesser d’être enfant pour devenir parent afin d’exister dans une continuité sans confusion entre les générations.

Aujourd’hui, par esprit d’égalité et de liberté individuelle, on assiste à une conception de la famille comme celle d’un type de lien librement consenti :

  • la famille serait une association, un regroupement d’individus ayant des intérêts en commun,
  • les enfants sont parentifiés, les parents sont infantilisés.

Il n’y aurait plus celui qui ordonne et celui qui obéit mais des domaines ou les parents sont amenés à demander des explications à leurs enfants et d’autres ou les parents devront des explications à leurs enfants.

A l’Autorité parentale succède une relation de copinage avec des parents.
Après l’époque des parents autoritaires , puis démissionnaires, on s’achemine vers une société
d’experts où l’autorité n’est pas simplement acceptée mais fonction de compétences nommées par
autrui. Il ne s’agit plus d’être autoritaire mais de faire autorité.

EXCES DE LA PENSEE PERSONNEL = Dissymétrie et altérité

Le lien, surtout le lien familial, quelque soit sa qualité, parfois très désorganisatrice, prime sur tous les autres liens. C’est ce lien qui nous permet de construire ou de ne pas construire des repères internes. C’est ce lien qui nous permet ou ne nous permet pas de vivre, d’être dans le monde ou de ne pas y être.

La famille est le premier lieu de rencontre avec la dissymétrie.
Or avec la confusion des rôles et des places, ce qui est proposé aujourd’hui, c’est une société où la dissymétrie n’a plus sa place : donc la vieillesse n’a plus sa place.

Un autre problème posé par la non-place de la dissymétrie est le rapport que cela induit au niveau de l’autorité. Tout exercice d’autorité, est considéré comme abusif et violent. Or la violence est présente en tout un chacun, et n’est pas qu’un phénomène négatif. La violence offre la possibilité de confrontation à l’altérité.

DERNIER REMPART SYMBOLIQUE = le temps

Du fait de l’essor des techniques notre rapport à la vitesse et au temps s’est profondément modifié. Au passé - présent - avenir c’est substitué un futur produit. On ne laisse plus le temps au temps. Le rapport au temps que nous avons nous met en dehors de l’ordre symbolique :

  • Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la mort se présente comme un problème. Présenter la mort comme un problème, cela signifie que l’on peut trouver des solutions, qu’il est possible d’abolir et d’effacer la mort.
  • Si la vieillesse n’est plus qu’une question de temps, s’il est possible d’effacer les marques du temps et faire reculer l’horloge biologique. Ce type de démarche nous fait croire que “ tout est possible ”. Or la vie éternelle n’est pas possible, un père n’est pas une mère, le bonheur total n’est pas possible.