La pollution due aux déchets

Les déchets sont répartis en catégories et sont recyclés ou transformés. L'industrie prône une politique volontariste de traitement de ses déchets.

Déchets urbains

déchets papiers, cartons

Chaque producteur de déchets est responsable de ses déchets :

Les déchets ménagers

Ils comprennent les déchets des ménages et autres déchets assimilés qui peuvent être collectés et traités sans sujétions techniques particulières par les collectivités locales ou leurs groupements.

La circulaire du 18 mai 1977 distingue cinq catégories de déchets :

  • Les ordures ménagères proprement dites collectées en porte à porte ou par points de regroupement. La proportion recyclable des ordures ménagères est de 48% ( 34% de papier, 5% de textile, 27% de verre, 8% de métaux, 19% de carton).
  • Les déchets encombrants des ménages (meubles, électroménager, …) dont l'élimination doit être assurée dans des conditions définies par le maire.
  • Les déblais et gravas des particuliers pour lesquels des lieux et heures de réception doivent être précisés par la commune.
  • Les déchets ménagers spéciaux ou DMS tels que les huiles de vidange, les solvants, les piles, les déchets de peinture ; la commune doit être en mesure d'indiquer les moyens de leur élimination.
  • Les autres déchets municipaux : ce sont les déchets résultant de l'entretien des voies publiques (déchets de voiries, parc, marchés, foires, …).

Les déchets des activités de soins

Ils regroupent les déchets hospitaliers (établissements de soins publics ou privés) ainsi que les déchets du secteur diffus (professionnels de santé libéraux).

Le traitement de ces déchets (à risque infectieux ou toxique) doit être effectué par une unité agréée ; leur incinération impose des conditions particulières, par ailleurs les appareils actuellement autorisés utilisent trois techniques de désinfection après broyage (micro-ondes, chaleur, trempage dans un bain désinfectant).

Les déchets verts

Les déchets verts résultent de l'entretien et du renouvellement des espaces verts (tontes, tailles de haies, feuilles mortes, résidus d'élagage...).

Cette collecte spécifique permet d'obtenir un produit propre valorisé par compostage ou méthanisation.

Les déchets issus de l'assainissement

Ce sont des Boues de stations d'épuration,des matières de vidange, qui compte-tenu de leur nature sont assimilés à des déchets organiques. Ces déchets peuvent avoir trois destinations :

  • la valorisation agricole par épandage,
  • l'incinération dans des unités spécifiques,
  • de moins en moins toléré, le stockage par simple mise en décharge autorisée avec des règles précises.

Les déchets de l'automobile

Chaque année, en France, l'usage de l'automobile génère 2 millions de véhicules hors d'usage (VHU), 290 000 tonnes d'huiles usagées, 7 millions de batteries (soit 21000 t d'acide sulfurique, 120000 t de plomb), 30 millions de pneumatiques usagés.

La majeure partie de ces déchets se retrouve chez les professionnels de l'automobile ; des collectes spécifiques se développent en déchetterie pour des batteries et des huiles usagées.

  • Le traitement des VHU dans les chantiers de démolition et de broyage permet la récupération de l'ensemble des métaux ferreux et non ferreux (soit 75% du poids du véhicule).
  • Les déchets de caoutchouc sont recyclés en matière première (rechapage, poudrette utilisée pour revêtement de sol, étanchéité, isolation phonique…), en valorisation énergétique, en remblais allégés…
  • L'action de régénération des huiles usagées permet de recycler les deux tiers du tonnage récupéré sans atteinte à l'environnement.

Agriculture et agro-aliment

lésiers sous étables

De nature essentiellement organique, ils comprennent notamment :

  • les déjections d'élevage (fumiers, lisiers),
  • les résidus de récoltes (pailles, rafles),
  • les déchets organiques des industries agroalimentaires telles que les sucreries, les laiteries, les conserveries, les abattoirs, …
  • les déchets phytosanitaires.

Une filière de valorisation

Elle nécessite d'abord la connaissance du sous-produit par des analyses, de sa disponibilité au cours de l'année, de ces conditions de conservation, puis la mise en place d'une bonne organisation satisfaisante sur les plans techniques et économiques. Quelques exemples de valorisation :

  • L'industrie de la viande effectue la fonte des graisses, le nettoyage et la préparation des boyaux ; élimine les cadavres d'animaux, les déchets d'abattoirs,...Dans le cadre de la lutte contre l'Encéphalite Spongiforme, des évolutions dans les filières de valorisation ont été entreprises.
  • Certains sous-produits tels que le lactosérum (sous-produits de l'industrie fromagère) représente 9Mt/an. Sa valorisation concerne la production de poudre de lactosérum, de lactose (utilisée en alimentation animale et humaine) ou protéines sériques.
  • Les valorisations agronomiques des déchets de distillation. L'épandage sur les vignobles permet de valoriser les vinasses et les boues de vinasse de lies (82% des 1.6Mt produits).

Certaines filières restent très polluantes : tannerie, mégisserie par exemple.

déchets des entreprises

batteries de voitures

Les déchets inertes

Ils sont constitués de déblais, de gravats de démolition (tuiles, béton...) et de résidus des industries d'extraction ou de construction ; certains déchets de la métallurgie. Ce sont des déchets minéraux, non susceptibles d'évolution physico-chimique ou biologique.

Ces déchets sont valorisés en tant que matière première en remblais, moellons, talus, assise de chaussées, bétons courants ....

Les déchets industriels banals ou DIB

Ce sont les déchets non inertes et non toxiques issus des activités économiques (artisanales, commerciales ou industrielles) ; ils contiennent dans des proportions toutefois différentes, les mêmes composants que les ordures ménagères.

Il s'agit soit de déchets spécifiques à une activité (découpes de cuir d'une fabrique de chaussures…), soit de déchets communs à toutes les entreprises comme les palettes, les emballages cartons ou plastiques, les déchets de bureaux, les résidus de nettoyage.

 Les déchets industriels spéciaux ou DIS

Ce sont des déchets spécifiques de l'activité industrielle qui contiennent en quantité variable des éléments toxiques ou dangereux pour différentes raisons (toxicité chimique, risque d'explosion, ...). On distingue trois grands types de DIS :

  • les déchets organiques (hydrocarbures, goudrons, solvants, ...),
  • les déchets minéraux liquides et semi-liquides (acides, bains de traitement de surface...)
  • les déchets minéraux solides (certains sables de fonderie, sels de trempe cyanurés, métaux lourds...).

La valorisation est envisageable pour un certain nombre de déchets spéciaux mais demande d'importantes précautions.

L'utilisation de technologies propres reste à la base du principe de réduction de la production des déchets spéciaux.

Les déchets toxiques en quantités dispersées ou DTQD

Ce sont des déchets toxiques dont le gisement est épars. On y trouve notamment :

  • des déchets artisanaux et commerciaux : déchets de garages, de pressing, de l'activité photographique, des produits de bureautique,…
  • des déchets de laboratoires publics ou privés,
  • des déchets liés à l'activité agricole : emballages souillés, reliquats de produits phytosanitaires.

Le problème essentiel de la revalorisation de ces déchets provient de leur dispersion et se situe donc au niveau de leur collecte.

La réduction des quantités de DTQD passe par le développement de l'usage de 'produits propres' ou de technologies propres dans les entreprises mais également par une sensibilisation des utilisateurs et une modification de leur comportement.  

Déchets ultimes

poudres de déchets

Le déchet ultime pouvant être mis en décharge se définit comme la fraction non récupérable des déchets et non comme le seul résidu de l'incinération.

Stabilisation

Un déchet est considéré comme stabilisé quand sa perméabilité à l'eau et sa fraction lixiviable ont été réduites et quand sa tenue mécanique a été améliorée de façon que ses caractéristiques satisfassent aux critères d'acceptation : pH, siccité, fraction soluble...

Les différentes techniques de stabilisation :

  • Solidification : technique, utilisée dans le domaine nucléaire, donnant aux déchets une certaine structure physique par ajout de liant.
  • Fixation chimique : immobilisation de polluants dans une matrice par formation de liaisons chimiques.
  • Fixation physique, enrobage ou encapsulation : technique enfermant dans une gangue 'étanche' les composants polluants du déchet ou la totalité du déchet.
  • Vitrification : rétention physico-chimique des polluants d'un déchet dans une matrice vitreuse, obtenus par un traitement à haute température.

L 'existence d'une charge polluante au sein du déchet stabilisé, ainsi que les difficultés d'analyser l'évolution de son comportement à long terme, justifient que l'on continue à prendre des précautions quant à l'avenir du déchet stabilisé.

Stockage

Différents types de stockage sont donc nécessaires :

  • Les décharges contrôlées de classe I susceptibles de recevoir certains déchets spéciaux. L'arrêté inistériel du 18/02/1994 prévoit de n'accepter sur ces sites que des déchets stabilisés. Il fixe également des conditions très strictes de choix (terrains très peu perméables), d'aménagement (barrière étanche artificielle, réseau de drainage visitable) et d'exploitation des sites.
  • Les décharges contrôlées de classe II destinées aux déchets ménagers et assimilés (déchets industriels banals).
  • Les décharges contrôlées de classe III réservées aux seuls déchets inertes (déblais et gravats). Elles sont encore soumises au seul pouvoir de police du Maire qui peut décider de les réglementer par voie d'arrêté municipal.