Construction du geste

Les gestes font parties de notre quotidien de travail ; cependant les entreprises sous-estiment la complexité des gestes qu'élaborent les travailleurs. Pourtant, le geste renvoie à l’activité, il ouvre à la singularité de la personne (geste à soi), à la subjectivité (beau geste), à l'autre par les gestes de communication.

L’existence de pathologies du geste telle que les troubles musculo-squelettiques axe les études de l'ergonome vers une définition plus élargie du geste qui peut ainsi se structurée selon 4 caractéristiques (chacune de ces caractéristiques peut participer à l'apparition de TMS).

Le geste est "composé"

Le geste est composé d'une activité sensorielle, cognitive et motrice qui impliquent des processus de perception et de coordination du geste.

  • D’activités perceptives :
    les perceptions telles que la vision, le toucher et l’ouïe participe au développement du geste et à l’anticipation des futurs mouvements.

=> une diminution de la perception (due à l'âge par exemple peut ainsi désorganiser le geste en créant de micro-traumatismes, qui peuvent à terme développer du TMS.

  • Des habiletés :
    L’habileté est la possibilité acquise par un individu d’exécuter une classe de tâche à un niveau d’efficacité élevé. Cette habileté est construite à travers la formation, la connaissance du geste et la maîtrise gestuelle acquise par l'expérience.

=> un manque d'habileté dasn le geste peut ainsi être une cause de TMS (la véritable habileté peut demandes quelques mois de travail même pour un geste perçu comme simple par la hiérarchie).

  • D’une organisation du geste :
    Les gestes sont structurés en termes de savoir ou ‘principe de base’ (connaissance de l’outil, de son entretien, de son fonctionnement, du geste utile) et en terme de savoir-faire ou ‘technique’ (pour tel acte, je dois faire comme ça ou comme ça). Ainsi, en fonction de la situation, ces pré-structures (ou plans prédéfini s) se mettent en place.

=> Les TMS peuvent trouver leur source autour de ces questions de formes pré-structurées (par exemple, quand l’opérateur n’a plus le choix dans la technique gestuelle). Le geste doit permettre de développer le travail cognitif équilibrant ainsi le travail manuel et le travail mental.

 

Le geste est "investi"

Le  geste participe à la construction de la personne et est porteur d’intentions telles que la performance, le sens du travail, la construction de la personne, la construction de la santé.

L’opérateur a besoin de voir ses gestes reconnus par ses pairs, cette reconnaissance n’est pas simplement financière, elle joue aussi un rôle important dans la confiance en soi. En termes de reconnaissance intime, deux types de jugement sont susceptible d’affecter la reconnaissance symbolique du travail réalisé :

  • Le jugement d’utilité (se sentir utile)
  • Le jugement de beauté : le sentiment que le travail qu’on réalise est bien fait dans les règles de l’art, de bonne  qualité

=> Risque de TMS : L’impossibilité de faire ce que l’on sent nécessaire génère de la pénibilité, de la souffrance, les opérateurs dans ce cas se sentent en contradiction à l’intérieur d’eux-mêmes ; il y a souffrance psychique qui peut alors dériver en souffrance physiologique.

 

Le geste est "situé"

L’Homme est acteur de sa situation du moment où il se mobilise pour trouver des réponses à des situations particulières ; lorsque l’opérateur se trouve dan une situation où tout est prédéfini (y’a qu’à !), l’opérateur ne se développe plus (il n’y a plus de variabilité qui fait réfléchir). L’opérateur peut alors devenir passif dans une situation de travail où il ne se mobilise plus, il vient au travail parce qu’il faut venir. Alors qu’un opérateur actif est un opérateur qui organise, impose, transforme, agit, trouve des solutions, crée … cette activité aidera l’opérateur à se développer, développer sa santé et son organisation de travail.

Plus on a de marge de manœuvre, plus on est en santé pour soi et pour l’organisation
Une marge de manœuvre relève d’un possible mais ce n’est pas du : « je fais ce que je veux ».
Travailler dans l’urgence empêche la construction de stratégie efficiente ; la pression du temps et l’intensification du travail fait qu’à un moment donnés, ces compromis son difficile à élaborer du fait de manque de marge de manœuvre.

=> risque de TMS : quand l'opérateur est 'sclérosé' dans un geste unique, plus de possibilité de diversifier ses modes oppératoires.

 

Le geste est "construit"

L’apprentissage des gestes correspond à un processus par étape et stade successif nécessitant des temps variables pouvant être très important (situation gestuelle, manuelle, posturale, …)
Le geste est également construit par la régularité de son milieu. Un environnement variable n’offre pas de régularité et est plus couteux en temps  et en effort pour l’apprentissage et le développement du geste.
Ainsi, régularité du milieu et variabilté du geste participe à l'apprentissage et au développeemtn du savoir faire de l'opérateur.

3 niveaux d’apprentissage sont identifiés pour atteindre la maitrise d’un poste de travail :

  • Premier niveau : l’apprentissage des opérations qui ne peut durer que quelques jours (quelques heures). A ce stade, les opérateurs, les opérateurs prennent connaissances des attentes et outils mis à disposition.
  • Second niveau : l’opérateur cherche à être à l’aise au poste de travail, cette phase prend des semaines et correspond à la mise en œuvre des régulations. A ce niveau, les personnes sont assez à l’aise dans leur activité.
  • Troisième niveau : l’opérateur est en mesure de faire face à la variabilité du travail. Après pas mal d’ancienneté au poste de travail, l’opérateur acquiert diverses techniques (répertoire de technique), c’est une phase de contrôle de la situation.


=> risque de TMS, nous comprenons dans cette notion de geste construit qu'il y a plus de risque de TMS pour des opérateurs san savoir-faire que pour des personnes expérimentées aux gestes.